Le Bureau international de l’ONG Urgences panafricanistes tient à informer l’opinion publique que son président, Kemi Seba, se trouve actuellement placé sous mandat de dépôt dans les locaux de la police sud-africaine à Pretoria.

Parce que souhaitant pour le Bénin une destinée hors de toute soumission à l’ordre néocolonial français, Kemi Seba constitue de fait un problème pour le régime béninois, sous influence française, de Patrice Talon.

En dénonçant publiquement l’ingérence militaire française au Bénin, Kemi Seba s’est exposé à la vindicte d’un régime aux ordres. Dès lors, sa mise à mort « politique » a été méthodiquement engagée.

Banni de l’espace médiatique national sur instruction de la présidence, il est progressivement devenu la cible prioritaire des autorités béninoises, qui n’ont cessé de tenter de le discréditer, jusque dans son propre village. En vain. Car au-delà de sa personne, c’est l’espoir d’une génération entière de Béninois, et plus largement d’Africains, qui s’exprime à travers lui.

Sa volonté d’inscrire son combat dans le cadre démocratique n’a fait qu’exacerber la peur d’un pouvoir fragilisé, incapable de tolérer toute alternative crédible.

Dans un contexte marqué par le verrouillage de la vie politique, l’exclusion des forces d’opposition, une corruption systémique, une prédation économique assumée et une incapacité manifeste à faire face aux menaces sécuritaires dans le nord du pays, la colère couvait. L’expression de ce mécontentement, le 7 décembre, n’est que la conséquence logique d’un régime coupé de son peuple.

Ce ras-le-bol militaire se voulait la libre expression d’une volonté de changement pour un Bénin aspirant à renouer avec sa tradition de pays chantre de l’État de droit. Très affaibli, le pouvoir en place préféra sournoisement saisir l’occasion pour tenter encore davantage de criminaliser la personne de Kemi Seba.